En marchant, Andersen [Karsten Andersen] a remarqué un endroit où les renards avaient creusé. Il s’en est approché et a trouvé un morceau de peau de chevreuil. À tour de rôle, nous avons creusé dans la neige et, à environ quatre pieds (1,2 mètre) de profondeur, nous avons trouvé le corps de Charles Thompson allongé le long d’un vieil hummock. Il reposait sur son flanc droit, sa main gauche dans sa chemise et le visage tourné vers le sol. Ses deux manteaux étaient déchirés du côté gauche. Il avait six coupures sur le bras gauche, probablement causées par des animaux qui ont creusé et ses vêtements. Nous n’avons trouvé aucune mitaine ni aucun fusil. […] Après l’avoir déterré, nous avons hissé son corps sur le traîneau et l’avons tiré jusqu’à un endroit dégagé, où nous l’avons étendu sur le sol. Nous n’avions rien pour fabriquer une tombe. Nous avons regardé dans les environs, mais n’avons rien trouvé d’autre dans un périmètre de trois miles (4,8 kilomètres).
Aarnout Castel
Maître du North Star
Bibliothèque et Archives Canada/Mikan 97779
C’est une bien triste découverte que font Castel et Andersen. Leur collègue, Charles Thompson, était un matelot et un homme à tout faire à bord du Mary Sachs. Son compagnon d’expédition, Peter Bernard, a également péri mais son corps n’a jamais été retrouvé. Tous deux tentaient d’apporter de nouveaux traîneaux et des provisions à l’équipe Nord de Stefansson sur l’île Melville.
Il était pourtant considéré par ses pairs comme un voyageur d’expérience qui savait bien se débrouiller dans l’Arctique. Harold Noice a même écrit qu’il était le « meilleur homme sur le sentier » (Journal de Harold Noice, vol. 3, 1917, Archives nationales du Canada). Mais pour les membres de l’expédition, la perte d’une mitaine, un blizzard soudain ou encore une blessure au pied pouvaient faire chavirer leur destin.
Karine
