
Nous avons eu une alerte, hier, à 21 h 45. Les chiens se sont mis à aboyer furieusement et peu après, nous avons entendu marcher et renifler autour de la tente. Il y a eu ensuite des coups de dents sonores, mêlés au tumulte des chiens qui se battaient. La tente était violemment secouée et on s’attendait à la voir s’écrouler à tout moment. Nous nous sommes tous levés précipitamment, pensant qu’il s’agissait d’un ours, mais finalement ce n’étaient que les chiens, qui s’étaient détachés et qui s’étaient mis à se battre. Wilkins a cassé la crosse de son fusil en rétablissant la paix.
Diamond Jenness
Anthropologue
Arctic Odyssey – The Diary of Diamond Jenness 1913-1918, edited by Stuart E. Jenness, Canadian Museum of Civilization, 1991.
Avez-vous déjà fait du camping et expérimenté un épisode de frayeur en pleine nuit? Le plus souvent, on réalise après quelques instants que l’incident qui nous a tirés du sommeil est banal, mais camper dans l’Arctique peut s’avérer beaucoup plus dangereux. Comme le mentionne Diamond Jenness, les ours polaires ne sont jamais bien loin dans l’esprit des explorateurs lorsque des bruits se font entendre à proximité d’un campement où sont emmagasinés des vivres. Les journaux intimes des membres de l’expédition nous révèlent que ce sont parfois les renards ou les loups qui s’approchent des campements. Un des spécimens que l’on peut voir dans l’exposition Expédition : l’Arctique est une louve qui a été abattue après avoir attaqué les chiens et mordu Diamond Jenness qui tentait de la faire fuir.
Karine
