ILS ONT PAVÉ LE PARADIS : LA VIE DANS le parc de STATIONNEMENT

   
  Grandma Suzzie (Sharon Shorty) et un ami s’exécutant lors d’un potlatch sur la réserve de la Première nation de Kwanlin Dun à Whitehorse, août 2007.  

   
  Danseurs métis s’exécutant au Musée canadien des civilisations, le 21 juin 2007.  

   
  Enfants participant au festival artistique du Ashworth Holmes Park, Saskatoon, 2006.  

La problématique

nomade et de leurs cérémonies hautes en couleur. Récemment, des Aînés qui vivent dans des réserves et dans des communautés métisses ou inuites ont exprimé le même genre d’inquiétudes. Aujourd’hui, le plus grand sujet de préoccupation semble être la perte d’identité par l’attrition linguistique, la culture et la perte graduelle du savoir et de l’art traditionnels.

Joe Deschamps, cérémonialiste et Aîné cri de la réserve Louis Bull en Alberta, se préoccupe du fait que beaucoup de jeunes de sa réserve parlent une langue que leurs parents ne comprennent pas. Ils ont adapté la culture hip-hop qu’ils ont apprise par la télévision. « Les jeunes qui vivent dans les réserves aujourd’hui ne parlent ni cri ni anglais. Nombre d’entre eux imitent la culture hip-hop de Los Angeles, de Chicago et de Detroit, malgré le fait qu’ils n’ont jamais quitté la réserve! »

Les Aînés des centres urbains et bien des Autochtones de la première et de la deuxième génération vivant en milieu urbain déplorent le fait qu’ils perdent leur langue et leur culture. Pour bien des Autochtones qui viennent d’arriver dans les centres urbains, la culture, la langue, l’identité, le savoir autochtone, l’art, la musique et la cérémonie se trouvent dans la réserve. Cependant, pour d’autres, la ville fut autrefois leur territoire autochtone, où des rassemblements sacrés, le troc, des cérémonies, la chasse, le trappage et la vie en générale ont eu lieu. Pour eux, l’espace qu’occupent les villes est leur territoire traditionnel aussi.

Aujourd’hui, beaucoup d’Autochtones qui vivent en milieu urbain remettent en cause la qualité de la vie dans les réserves ainsi que la notion que tout le monde qui vit dans les réserves connaît mieux son héritage, sur les plans culturel et intellectuel. Ils soulignent que, « chez eux », beaucoup de personnes ne participent pas aux cérémonies traditionnelles, ne vivent pas de la terre et ne pratiquent aucune forme de spiritualité autochtone, en raison de l’incidence des pensionnats et du christianisme sur les communautés. Certains Autochtones vivant en milieu urbain soutiennent que nombre de personnes qui vivent dans les réserves ne savent pas ce que c’est que la spiritualité autochtone, malgré le fait qu’il y ait une conscience accrue de la spiritualité autochtone et que de plus en plus de personnes participent à la danse du soleil, aux cercles de guérison et aux cérémonies tenues dans les huttes de sudation. Ils affirment que très peu d’habitants des réserves parlent leur langue autochtone, et ils se demandent combien de personnes aujourd’hui tannent des peaux, ramassent des piquants de porc-épic, font du trappage ou de la chasse, utilisent ce que la terre leur donne pour confectionner des vêtements fonctionnels ou pour l’artisanat, ou portent des costumes traditionnels en dehors des pow-wows et des rassemblements spéciaux. Certains le font, mais, pour la plupart, ils sont peu nombreux.

Que signifie « être autochtone » aujourd’hui? Est-ce que l’Indien est celui qui parle sa langue autochtone, s’habille « comme un Indien », confectionne des mocassins, fait de l’art traditionnel, chante, danse et pratique une spiritualité traditionnelle? Les personnes qui vivent dans les réserves et ne font aucune de ces choses sont-elles « plus indiennes » que celles qui vivent dans des centres urbains et luttent pour la survie du patrimoine indien? Peut-on vivre dans un centre urbain, entouré de centaines d’autres cultures, peuples et langues autochtones et non autochtones, de denrées auxquelles on n’est pas habitué et de traditions étrangères et maintenir son identité autochtone? Comment fait-on cela de génération en génération, surtout si la « terre natale » est loin? Est-ce que les Autochtones cessent d’être « autochtones » quand ils s’installent dans des centres urbains, comme tant d’habitants des réserves semblent croire?

   
  Défilé solennel lors du pow-wow d’Odawa.  

   
  Poste d’accueil au Cultural Harmony Grove Park à Vancouver, 2007.  

   
  Vue de St. John’s, Terre-Neuve, depuis Lookout Hill, 2007.  

   
  Daniel Smith, algonquin, décrivant la fabrication d’un canot, ainsi que les arts traditionnels et l’artisanat à Montréal lors des fêtes de la Semaine autochtone en 2007.  

Autochtones en milieu urbain
Date de création : 18 décembre 2008.