Cependant, tout comme le mouvement ouvrier canadien, la FCA se préoccupe d’un aspect plus fondamental : il est essentiel d’avoir un régime national pour que chaque Canadien, chaque Canadienne aient accès au même niveau de services médicaux et hospitaliers. Les discussions tenues en 1941 et en 1942, dans le cadre du National Farm Radio Forum, ont mis en évidence le manque de soins de santé accessibles en milieu rural. Le Québec, par exemple, compte 3000 médecins, mais à peine 400 pratiquent en milieu rural, où vit 40 % de la population. Il en va de même en Ontario. Dans l’Ouest, le système d’hôpitaux de district et de médecins municipaux offre une meilleure couverture mais, puisque nombre de médecins et d’infirmières sont à l’étranger au sein des forces armées, le Medical Procurement and Assignment Board a créé des zones et rationne les médecins entre elles. Le Manitoba a reçu une subvention internationale de la Rockefeller Foundation pour étudier l’effet des médecins municipaux sur la santé de leurs patients entre mars 1938 et avril 1940. Les résultats de l’étude montrent de façon concluante que le fait offrir des services préventifs et curatifs par l’intermédiaire de généralistes permet d’améliorer notamment la santé des femmes et des enfants. Cependant, étant donné la pénurie de médecins, la FCA recommande que l’on considère sérieusement la solution britannique : le recours à des sages-femmes, bien formées, pour les accouchements.

Page de couverture du livret de 31 pages sur la planification d’un régime d’assurance maladie pour le Canada, publié par la Fédération canadienne de l’agriculture.
Bibliothèque et Archives Canada, MG28, I 103, boîte 345, e008440967. © Fédération canadienne de l’agriculture