Avant que la législation révisée sur le régime d’assurance maladie ne soit approuvée, la situation politique évolue de façon importante. En janvier 1944, le Cabinet décide que les allocations familiales seront l’élément central de son programme de bien-être social et que l’assurance santé devra attendre jusqu’à ce qu’on puisse en discuter avec les provinces à une conférence fédérale-provinciale. Cette stratégie est conçue par le ministère des Finances, qui a conclu qu’en donnant aux femmes canadiennes le pouvoir d’achat, la transition vers une économie de temps de paix se fera sans heurt, et ce, parce que la demande comprimée de biens de consommation aidera la transformation de l’économie de guerre et maintiendra le plein-emploi. Donc, bien que le ministre Mackenzie présente le régime d’assurance maladie modifié à ces homologues provinciaux en mai 1944, le premier ministre et le Cabinet s’appliquent plus à contrer une menace politique qui se profile à l’horizon, la Fédération du commonwealth coopératif, qu’à diriger la mise au point de programmes de protection sociale. L’élection de Tommy Douglas et de la CCF comme gouvernement de la Saskatchewan, le 15 juin suivant, vient confirmer les craintes de King : l’électorat canadien se tourne vers la gauche. Pourtant, le premier ministre n’est pas prêt à empiéter sur les compétences des provinces dans le domaine de la santé.
Tommy Douglas, en 1944, tout juste après son élection comme premier ministre de la Saskatchewan, à la tête de la Fédération du commonwealth coopératif. Les soins de santé sont sa priorité et il introduit immédiatement un régime complet pour les assistés sociaux : les veuves et leurs enfants, et les retraités.
Saskatchewan Archives Board, R-A3421