Cette proposition provoque énormément d’anxiété et d’irritation dans les capitales provinciales et parmi les administrateurs des régimes privés d’assurance maladie et d’assurance hospitalisation à but lucratif ou sans but lucratif. Le public s’y intéresse vivement, notamment quand, le 5 mars 1956, le gouvernement de l’Ontario introduit une législation en vue d’établir la Commission des services hospitaliers. Six jours d’audiences publiques permettent aux compagnies d’assurance commerciales, à l’Ontario Medical Association, aux associations d’hôpitaux et au grand public d’exprimer leurs points de vue. Comme il faut s’y attendre, les assureurs condamnent l’administration par les instances publiques en disant qu’il s’agit d’un gaspillage de l’argent des contribuables et soutiennent que, si les gens ne veulent pas s’assurer volontairement, le gouvernement n’a pas le droit de les y obliger. De plus en plus fort, le soutien public pour la sécurité sociale universelle vient contredire ce point de vue. La Chambre de commerce du Canada agite le spectre de la « médecine socialisée » et l’Ontario Medical Association demande instamment au gouvernement de s’assurer que la rémunération à l’acte soit la seule pour les radiologues et les autres experts médicaux. Donald MacDonald, le chef de la CCF de l’Ontario, et d’autres partisans de l’assurance hospitalisation financée par le gouvernement interrogent les opposants rigoureusement. Les compagnies d’assurance et les autres fournisseurs de régimes d’assurance prépayée admettent qu’ils s’attendent à ce que les mauvais « risques » coûtent cher au gouvernement, mais cela ne produit aucun effet : Ontariens et Ontariennes concluent que leurs intérêts seront mieux servis par l’administration provinciale d’un régime universel. Une fois la législation adoptée, c’est maintenant au gouvernement fédéral d’agir.