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La réforme de la poste

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| Introduction | Relier les colonies |
| Les porteurs de messages | Les créateurs de messages |


John Willis
Musée canadien de la poste
Musée canadien des civilisations
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Introduction
Le réseau postal moderne du Canada fut créé à la suite de décennies d'expérience institutionnelle antérieures à la Confédération de 1867. Une tradition encore plus longue d'échange de lettres remonte à l'époque de la Nouvelle-France (début du XVIIIe siècle).

Le début du XIXe siècle fut une période clé dans l'histoire de la poste au Canada. Les colons exigeaient de s'occuper de leurs affaires postales, et on leur en donna la possibilité. Ce changement fut à la fois une cause et une conséquence du processus plus global d'accession du Canada à l'indépendance. Tout cela s'inscrivait dans le processus de croissance et d'affranchissement par rapport à la Grande-Bretagne.

La croissance de la population dans l'Amérique du Nord britannique
La colonisation de l'Amérique du Nord britannique n'a pas commencé au début du XIXe siècle, mais elle a connu une croissance considérable à cette époque. La population des trois colonies maritimes de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick et de l'Île-du-Prince-Édouard passa de 80 000, en 1800, à plus de 500 000 au milieu du XIXe siècle. Celle du Bas-Canada doubla entre 1825 (480 000) et 1851 (890 000). La population du Haut-Canada augmenta de six fois, passant de 158 000 à 952 000.

Des colons s'établirent dans des régions vierges, dans la vallée supérieure du fleuve Saint-Jean, au nord et dans les terres depuis le lac Ontario et le lac Érié, vers les Cantons de l'Est, au sud et à l'est de Montréal. La population des campagnes se densifia. Des ports devinrent des villes, des petites villes s'agrandirent. Tous les secteurs de l'économie connurent une croissance, par exemple la production de blé, l'extraction du charbon, l'exploitation forestière, la pêche, etc. L'extension des établissements et la croissance des villes furent importantes, mais la complexification de la société constitua un changement encore plus important. On avait de plus en plus besoin de communiquer.

   
   
 
   

Relier les colonies
Au début du XIXe siècle, la parole était un puissant outil de communication. Les nouvelles circulaient par le « téléphone arabe », dont le centre était généralement le marché ou la taverne. Des rumeurs de conduites scandaleuses se répandaient à la vitesse de l'éclair sur le perron de l'église. Dans la communauté étroitement soudée d'une paroisse rurale, qu'elle fût protestante ou catholique, personne ne pouvait se permettre d'être mis à l'index. Pourtant, le verbe écrit devenait de plus en plus important dans la vie quotidienne et dans la culture des colonies.

Les livres étaient la source de nouvelles idées. De plus en plus, ils étaient accessibles dans les bibliothèques publiques et privées de l'Amérique du Nord britannique. Les journaux étaient un autre véhicule du verbe écrit. Dans certaines régions, la majorité de la population était illettrée, mais des opinions exprimées librement dans des écrits imprimés se répandaient à tous les échelons de la société. Des dynasties d'éditeurs de journaux apparurent.

Avant que les journaux ne se répandent, la lettre était le principal moyen de communication dans la société canadienne. L'individu jouait un rôle important dans le processus de rédaction et d'échange des lettres, lequel donna naissance au système postal. Dans ce système, les auteurs des lettres étaient soit les porteurs de messages, les créateurs de messages, ou les deux.

   
   
la Montreal Gazette
   

Les porteurs de messages
Le principal moyen de faire circuler le courrier privé d'un lieu à l'autre consistait à le confier à un voyageur prêt à le porter par faveur, d'où l'expression ancienne de courrier « par faveur ». Le courrier était transporté par les voyageurs de la traite des fourrures qui se rendaient dans le « pays d'en haut ». Il voyageait à bord de navires en partance pour l'Europe, sur la personne d'un fonctionnaire ou d'un colon allant y faire des affaires. Les marchands échangeaient des lettres, des notes de crédit et des ordres d'inventaire avec des fournisseurs d'outre-Atlantique, par l'intermédiaire d'agents de New York. Ceux-ci veillaient à ce que le courrier soit mis à bord de navires à destination de la Grande-Bretagne et s'assuraient aussi que le courrier qui arrivait était acheminé vers le Canada ou les colonies maritimes. À l'intérieur des colonies, les évêques et les prêtres confiaient leurs lettres à des messagers. Parfois, leur correspondance était envoyée à l'adresse d'un intermédiaire qui s'en chargeait plutôt qu'à un bureau de poste.

Le système postal ancien était ainsi un réseau informel constitué des auteurs des lettres et de leurs agents de livraison, tous reliés les uns aux autres d'un port à l'autre, ou le long de voies de commerce et de transport. Cela n'était pas nouveau dans les colonies canadiennes. Le système date probablement du XIVe siècle, quand des marchands italiens conçurent le premier système décentralisé de contrôle commercial et de distribution de l'information. Il fut la base du traitement de l'information d'affaires pour toute l'économie mondiale au cours des cinq siècles qui suivirent.

   
Le Joseph of Gasp�©
   
   

Les créateurs de messages
L'habitude d'envoyer des lettres par une autre personne n'était qu'un aspect d'une tradition plus globale d'envoi et de rédaction de lettres. Les auteurs de lettres façonnaient leurs propres instruments d'écriture avec des plumes d'oie. Il n'y avait pas de touche permettant, comme sur les modernes claviers d'ordinateur, d'effacer les mots indésirés. Il fallait gratter les fautes au moyen d'un instrument affûté.

Une fois la lettre écrite, on la pliait à la main - on ne se servait pas alors d'enveloppes - et on la cachetait. La cire à cacheter, généralement rouge (le noir servait aux faire-part de décès), était fondue à la flamme d'une bougie et déposée sur la ligne du pli. On apposait ensuite une empreinte personnelle sur la cire. L'auteur de la lettre participait manuellement à chaque étape du processus. Quand la lettre arrivait à destination, on se la transmettait les uns aux autres et quelqu'un la lisait parfois à haute voix pour la famille. À l'occasion, on griffonnait des notes à l'extérieur de la couverture en transmettant la lettre à la personne suivante. La lettre était une chose vivante, une chose précieuse. Était-elle trop précieuse pour le courrier de Sa Majesté? Pour répondre en peu de mots : pas tout à fait.

   
Gomme �  encre et agate
   
   

 

 

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Date de création: 2009-05-04
Dernière mise à jour: 2010-01-21
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